Galère en Franche Comté « Photos »
Ce tour a duré une bonne semaine,
au printemps 2008
Je suis parti (Richarde m’a
accompagné durant quelques jours) le 3 mai.
L’objectif était de réaliser
un tour de France intermodal (vélo, marche, bateau à pédales)
Nous avons assez rapidement atteint
Montbéliard, à 180 kms de chez nous.
Arrivé là, les pneus (neufs au
départ) étaient déjà usés à 50 %.
En fait les roues du chariot du
bateau n’étaient pas parallèles !
Laissant le bateau à Montbéliard,
nous rentrons en train avec les vélos et le chariot sous le bras.
Je reviens rapidement récupérer le
bateau, en solo cette fois-ci et avec un chariot redressé.
Et c’est à pieds que je tracte le
bateau vers le canal du Rhône au Rhin.
Une surprise de taille m’y
attend : les petites embarcations sans moteur n’ont pas le droit de
franchir les écluses !
Celles-ci sont automatiques.
Pour les manœuvrer il faut disposer
d’un boitier de télécommande.
Bien entendu les VNF ne me
fournissent pas ce sésame.
Les VNF dépendent du ministère de
l’écologie.
Avec un moteur tu es le bienvenu.
Sans tu te fais jeter.
Cherchez l’erreur !
Alors les emmerdes
commencent !
Car je suis obligé de contourner ou
franchir les barrages.
Le contournement implique :
·
trouver un endroit pour accoster
·
accoster
·
décharger les bagages
·
sortir le bateau de l’eau
·
trouver un passage
·
porter le tout en aval du barrage
·
trouver un endroit pour embarquer
·
mettre à l’eau le bateau
·
le charger
·
reprendre la navigation, jusqu’au prochain barrage.
Le franchissement implique :
·
repérer les lieux en s’approchant de la chute ou en se
mettant debout dans le bateau sans se faire emporter par le courant
·
choisir l’endroit du franchissement
·
se jeter dans le trou ou, à défaut, cordeler le bateau
·
récupérer, si nécessaire, du matos égaré, le bateau bloqué en
bas du barrage ou le bateau à la dérive s’il a fallu lâcher la corde
·
savourer la poussée d’adrénaline en cas de franchissement à
la pagaie
·
reprendre la navigation, jusqu’au prochain barrage
Ces barrages sont sources de souffrance pour le bateau et de
soucis pour le capitaine.
Alors je quitte le Doubs à Clerval et commence à marcher en
direction de l’Ognon.
En 10 heures de marche sous un soleil de plomb, j’ai rejoint
l’Ognon.
C’est un affluent de la Saône.
Et aussi une jolie rivière qui serpente le long de prés,
forêts ou hameaux.
Pas mal de pêcheurs taquinent le brochet dont c’est
l’ouverture de la pêche aujourd’hui.
Peu après avoir mis à l’eau, j’ai bien failli chavirer dans
un passage encombré par des arbres.
Le mât arrière est resté accroché à un tronc bas.
Les stabilos (flotteurs additionnels) ont empêché le
retournement du bateau.
Ouf !
Malheureusement l’Ognon est régulièrement barré par des
ouvrages construits pour alimenter des turbines.
Ceux-ci sont moins impressionnants que sur le Doubs mais ils
me pourrissent quand même la vie.
Je plante la tente à Champagney pour y dormir et faire le
point.
Pas de doute je suis dans l’impasse.
La navigation est bien compromise.
Le chariot n’est toujours pas vraiment au point.
Alors je décide de demander à Richarde de me rapatrier avec
sa 205.
Pour un projet « sans voiture » voilà qui fait
assurément désordre.
Alors disons que je brûle là un joker !
H.